🧠 La différence entre avoir raison et gagner de l’argent
#103 - Comment juger une décision après coup sans laisser ton cerveau réécrire l’histoire
Vous êtes désormais 2569 à recevoir la newsletter AlphaBourse, merci à tous ❤️
🔎 Cette newsletter est sponsorisée par Gold by Gold
Gold by Gold est une société française cotée sur Euronext Paris depuis 2012, spécialisée dans les métaux précieux recyclés : or, argent, platine et palladium. Le groupe évolue sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la collecte et l’expertise des métaux jusqu’à leur affinage et leur revente aux professionnels du secteur. Positionné historiquement sur le recyclage et la traçabilité des métaux précieux, Gold by Gold a réalisé un chiffre d’affaires de 31,6 M€ en 2025, en progression de +131 % par rapport à 2024.
La société lance actuellement une augmentation de capital de 1,3 M€, avec un prix de souscription fixé à 3,80 € par action. L’objectif : financer l’acquisition et la conservation d’un stock physique d’or au bilan de l’entreprise, dans une logique patrimoniale de long terme.
Particularité intéressante pour les investisseurs français : les actions Gold by Gold sont éligibles au PEA et au PEA PME-ETI, permettant ainsi une exposition indirecte à une société positionnée sur l’or physique et les métaux précieux recyclés via une enveloppe fiscalement avantageuse.
J’ai publié une analyse complète du dossier pour ceux qui souhaitent aller plus loin :
Pour consulter les détails de l’opération, le communiqué de presse officiel ainsi que le bulletin de souscription, cliquez sur le lien ci-dessous :
Ce document constitue une communication à caractère promotionnel réalisée dans le cadre d’une augmentation de capital. Elle ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte un risque de perte en capital.
💭 Mon grain de sel : Le résultat ment parfois
Imagine deux situations.
Dans la première, tu passes plusieurs jours à analyser une entreprise. Tu lis les rapports annuels, étudies le management, essaies de comprendre les moteurs de croissance, regardes la concurrence, réfléchis à la valorisation et construis progressivement une conviction. Rien n’est parfait, évidemment. Certaines hypothèses peuvent être fausses, certaines informations manquent, comme toujours. Mais globalement, la décision est réfléchie et cohérente avec ce que tu sais à ce moment-là.
Tu décides d’investir. Trois mois plus tard, l’action perd 40 %.
Dans la deuxième situation, tu agis presque à l’opposé. Tu vois une entreprise dont tout le monde parle sur les réseaux sociaux. Quelques personnes que tu suis semblent vraiment enthousiastes et bullish, et le cours de l’action monte déjà très fort. Tu ne comprends pas vraiment le modèle économique mais décides d’acheter malgré tout, avec cette impression familière d’être en train de rater quelque chose.
Trois mois plus tard : l’action a pris +80 %.
Maintenant, je te pose une question : dans quelle situation as-tu pris la meilleure décision ?
Prend ton temps pour réfléchir (non, vraiment).
…
…
…
Je pense que beaucoup de lecteurs répondront spontanément : la deuxième situation. Après tout c’est logique : c’est la seule où l’on a gagné de l’argent !
C’est précisément là que notre cerveau commence à nous piéger.
Le cerveau déteste l’incertitude
Nous avons une tendance naturelle à juger la qualité d’une décision par son résultat. Une perte devient une erreur. Un gain devient une preuve que nous avions raison. Dans la vie quotidienne, cette façon d’apprendre fonctionne plutôt bien. Si tu touches une plaque brûlante, tu retires ta main et ton cerveau comprend immédiatement qu’il faut éviter de recommencer. Si quelque chose produit un bon résultat, le cerveau l’enregistre également.
Le problème c’est que les marchés financiers ne fonctionnent pas comme une plaque chauffante. Ils ressemblent beaucoup plus à un environnement rempli de probabilités, d’incertitudes et d’événements impossibles à prévoir. Deux personnes peuvent prendre exactement la même décision avec exactement les mêmes informations et obtenir des résultats totalement différents simplement parce qu’une partie du résultat dépend du hasard à court terme.
Pourtant, notre cerveau supporte mal cette idée. Il préfère construire une histoire claire, propre, facile à comprendre.
Si l’action monte, nous trouvons immédiatement une explication : “j’avais identifié la bonne tendance, j’avais compris quelque chose avant les autres, je commence à bien lire les marchés.” Si elle baisse, une autre histoire apparaît : “j’aurais dû attendre, mon analyse était mauvaise, j’ai encore fait une erreur.”
Le résultat arrive d’abord ; l’explication vient ensuite.
L’illusion du « je le savais »
Il existe un biais psychologique particulièrement puissant derrière ce phénomène : le biais rétrospectif. Une fois qu’un événement s’est produit, nous avons l’impression qu’il était beaucoup plus prévisible qu’il ne l’était réellement. Après coup, tout paraît évident. Une hausse spectaculaire semble logique. Une faillite paraît remplie de signaux d’alerte. Une bulle paraît facile à identifier. Pourtant, si c’était réellement aussi simple, tout le monde l’aurait vu avant.
Le cerveau reconstruit discrètement l’histoire. Il retire progressivement toute l’incertitude qui existait au moment où la décision a été prise. C’est probablement pour cette raison qu’après une forte hausse, beaucoup de personnes disent : “je le savais depuis le début.” Alors qu’en réalité, ce qu’elles savaient surtout, c’est qu’il existait plusieurs scénarios possibles.
Le danger est que cette reconstruction modifie notre apprentissage.
Une mauvaise décision qui produit un bon résultat peut renforcer une méthode défaillante. Quelqu’un qui achète une entreprise sans comprendre son activité, simplement parce qu’elle est populaire à un instant donné, ne retiendra pas forcément : j’ai eu de la chance. Son cerveau risque plutôt d’enregistrer : ma méthode fonctionne.
À l’inverse, quelqu’un qui a fait un travail sérieux, construit une analyse cohérente et subi malgré tout une baisse importante peut conclure : je me suis trompé. Petit à petit, quelque chose d’assez paradoxal peut apparaître : nous commençons à abandonner les bonnes habitudes et à renforcer les mauvaises.
Pourquoi le poker ressemble plus à la Bourse qu’on ne le pense
Le poker illustre assez bien cette idée. Un joueur peut prendre une décision parfaitement rationnelle avec les meilleures probabilités possibles et perdre malgré tout la main. À l’inverse, quelqu’un peut prendre une décision absurde et gagner.,Sur une seule partie, presque tout peut arriver. Mais sur plusieurs centaines ou plusieurs milliers de mains, la qualité des décisions finit généralement par reprendre le dessus.
L’investissement fonctionne souvent de la même manière. Le problème est que nous vivons émotionnellement chaque position individuellement. Une baisse de 30 % fait mal immédiatement. Une hausse de 50 % crée de l’euphorie immédiatement. Nous ressentons le résultat tout de suite alors que la qualité réelle de la décision ne devient parfois visible que beaucoup plus tard.
Comment juger une décision après coup
Je pense qu’il faut commencer par revenir au moment exact où la décision a été prise. Pas aujourd’hui. Pas avec les informations découvertes depuis. Pas avec le graphique sous les yeux.
Seulement avec ce qui était réellement disponible à cet instant.
Quelles étaient mes hypothèses ?
Quels étaient les risques identifiés ?
Quels éléments pouvaient invalider ma thèse ?
Est-ce que j’ai respecté mon processus habituel ?
Est-ce que cette décision venait d’une conviction construite progressivement ou d’une réaction émotionnelle ?
Cette distinction paraît subtile, mais elle change complètement la façon d’apprendre. Une bonne décision n’est pas une décision qui gagne de l’argent immédiatement. Une bonne décision est une décision cohérente avec les informations disponibles, prise avec une méthode claire et des hypothèses raisonnables.
Une habitude particulièrement utile consiste d’ailleurs à écrire noir sur blanc les raisons d’un investissement avant de prendre position. Pourquoi j’achète cette entreprise ? Quels sont les risques ? Quels éléments pourraient me faire changer d’avis ? Qu’est-ce qui invaliderait ma thèse ?
Quelques mois plus tard, cela devient beaucoup plus difficile pour ton cerveau de réécrire l’histoire. Une note écrite avant une décision agit presque comme une photographie mentale. Elle capture la réalité telle qu’elle existait avant que le résultat ne vienne influencer ton jugement.
Conclusion
Au fond, investir n’est probablement pas un jeu où l’objectif est d’avoir raison à chaque fois. C’est un jeu où l’objectif est de prendre régulièrement des décisions raisonnables dans un environnement où nous ne contrôlons pas grand-chose.
À long terme, les investisseurs qui progressent ne sont pas forcément ceux qui prédisent le mieux l’avenir. Ce sont souvent ceux qui apprennent progressivement à séparer leur ego de leurs résultats. Parce qu’une bonne décision peut parfois te faire perdre de l’argent. Et une mauvaise décision peut parfois t’en faire gagner.
📢 Communication
Passez un cap dans vos analyses avec Baggr, une plateforme 100 % française. Essai gratuit pendant 14 jours en cliquant sur le lien ci-dessous.
Et profitez de -10 % sur l’abonnement à vie avec le code :
Baggr est une plateforme de recherche et d’analyse. Tous les investissements comportent des risques. Vous devez effectuer vos propres recherches. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Aucun contenu ici présent ne constitue un conseil en investissement.
🐦 Le tweet de la semaine
💬 La citation de la semaine
“J’ai pris de mauvaises décisions professionnelles. On ne peut pas réussir sa vie sans faire face à des échecs. C’est inévitable.”
Charlie Munger
🤩 L’image de la semaine












La psychologie est un point de départ non négligeable que ce soit en trading, investissement pour rester dans le thème mais bien vaste dans la vie quotidienne... C'est ce que j'essaie de monter par des exemples concrets d'ailleurs car trop peu de monde s'y attarde